RITA ALAOUI
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the studio

 

Comme dans un cocon

Lorsque je pousse la porte de mon atelier, je suis dans une enveloppe qui ressemble a du coton. La blancheur  qui m’entoure et la lumière intense qui pénètrent me régénèrent. Je n’entend plus que les bruits de mes pas, ceux de ma respiration, les grincements de mon fauteuils quand je m’assoie pour laisser les idées venir, j’entends les oiseaux les mouettes et pigeons à l’extérieur.

L’atelier est mon lieu de méditation, de solitude et de création, de recréation. Les objets trouvés que j’ai récoltés et accumulés avec le temps sont posés la. Les images qui se sont retrouvées sur mes murs a coté d’autres appellent parfois mon regard. Des signes se transforment en scènes murales, en sculptures miniatures ou en début d’histoire.

Lors de mes promenades, seule ou avec mon fils toujours complice de «trouveur d’objet», je me penche vers le sol et comme le disait Miro « il y a lorsque je me promène une force magnétique qui m’oblige à pencher la tête sur tel objet.»

J’aime écouter de la musique classique, c’est bien la seule musique qui laisse libre cours à mon imagination. Plusieurs heures d’affiler ne m’ennuient pas. Seul l’appel d’activités en dehors de l’atelier m’interrompt.

L’Africanité de ma situation géographique vient se faire rappeler par les multiples métiers oraux et ancestraux du Maroc. Ceux qui aiguisent les couteaux manifestent leur présence avec leur son de cloche ou encore les musiciens troubadour en quête de récompense se font entendre lorsque le bruissement de la ville cesse. Klaxons et brouhahas se sont dissipés à travers l’atmosphère humide de la ville et seul les bribes de voix avoisinantes meublent le ciel. La nuit j’entends parfois les bateaux entrant au port. J’aime à imaginer leurs multiples itinéraires, leurs histoires.

Sur mon mur, ces visages anonymes appellent mon attention, mon humanité. Qui sont ces gens? Quelles a été leur vies, ont ils eu des déceptions amoureuses, des aventures extraordinaires, des métiers passionnant ou ennuyant? Je ne veux pas savoir après tout, alors je réduis leur visage a celui de monsieur ou madame tout le monde; je leur rend leur universalité et brouille leur image. La photographie m’émeut. La peinture m’exalte. La peinture me porte vers des horizons infinis qui ne cessent ne se redéfinir. Mais avec le temps la peinture seule ne me suffit plus. J’ai besoin de la juxtaposer avec des images parlantes pour aller plus vite encore. J’ai envie de crier. J’ai envie de faire bouger ce corps au son de tambours invisibles. Le feu m’appelle, la lumière m’apaise.

J’aime imaginer qu’un petit coquillage puisse abriter une émotion ou que la branche d’un arbre puisse garder les secrets de ceux qui l’on fréquenté. La nature est après tout porteuse de toute l’histoire de l’humanité! Les galets, coquilles de poulpes ou os de poissons s’improvisent anges venus d’ailleurs dotés de grandes ailes blanches qui se déploient vers le ciel. Tout est signe et les outils, la pour servir.



In a Cocoon

When I open the doors to my studio, I am enveloped in cotton.  The whiteness that surrounds me and the intense light crashing through regenerate me.  I hear only my footsteps, the sound of my breathing, the creaking of my armchairs I sit it to allow ideas in, I hear the birds, the seagulls and the pigeons beyond.

The studio is my space for meditation, solitude, creation, re-creation.  The objects I gathered and accumulated throughout the years are there.  The images that found their way on my wall next to other images sometimes call on my gaze.  Signs are transformed into moral scenes, miniature sculptures or the beginning of a story.

During my walks, alone or with my son volunteer ‘object finder’, I bend towards the ground and, as Miro used to say, « there is, when I go for a walk, a magnetic force that forces me to bend the head towards a particular object ».

I like to listen to classical music.  It is indeed the only music that lets my imagination run wild.  I can listen to classical music for many long hours without tiring.  Only the call of activities outside the studio will interrupt me.  Morocco’s multitude of oral and ancestral arts come to remind me of the Africanness of my geographical situation : artisans sharpening their knives announce their presence with their ringing bells, troubadour musicians in search of a reward are heard once the city’s hum ceases.  Horns and brouhaha have dissipated along the city’s humid atmosphere and now only fragments of nearby voices rise to the sky.  At night, I sometimes hear boats entering port.  I like to imagine their many itineraries, their stories.  

On my wall, anonymous faces demand my attention, my humanity.  Who are they ? What were their lives ?  Did they have heartbreaks, extraordinary adventures, passionate or commonplace employs ? After all, I do not want to know, so I reduce their faces to that of an average man or  woman in the street.  I return to them their universality and blur their image.  Photography moves me.  Painting exalts me.  Painting guides me to infinite horizons ceaselessly redefines.  But, with time, painting alone no longer satisfies me.  I need to juxtapose it with vivid images to move even faster.  I feel like shouting.  I want to move my body to the sound of invisible drums.  Fire beckons me, light appeases me.

I like to imagine that a small shell may shelter an emotion or that a tree branch may guide the secrets of those I have once known.  Nature is after all bearer of all the history of humanity.  Pebbles, octopus fossils or fish bones may be improvised into angels with large white wings stretching across the sky.  Everything is a sign, and the tools, here to serve.

Rita Alaoui / July 2014






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