Je hais les dimanches


Ce n’est pas par ce que c’est dimanche que le monde s’arrête. Et pourtant, je ressens ce jour d’une manière tellement différente des autres jours. Seuls les oiseaux travaillent. Les chats errants semblent ne pas se réveiller. Les rues donnent à l’air une circulation plus vaste, celui ci peut alors pénétrer les interstices des murs qui longent les routes. Les détritus d’une population grouillante s’imposent à mes yeux comme les vestiges hebdomadaires de l’action sous développée urbaine de se mouvoir, de consommer, de traiter l'environnement et autrui. Je hais les dimanches à Casablanca. Ciel bleu.

Ou sont ils tous? Cloitrés dans leurs habitations humides dans l’attente d’un jour meilleur? Ou plutôt au soleil d’un toit sans âme avec comme seul ornement une grande assiette blanche? A croire que je n’ai rien à faire d’autre que me livrer à une analyse poussé des rituels dominicaux de mon quartier.


Rita Alaoui